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Théâtre le lundi, plateau le mardi : le guide de survie quand vous jonglez entre deux annexes

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Théâtre le lundi, plateau le mardi : le guide de survie quand vous jonglez entre deux annexes

Photo: Bjankuloski06, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Vous connaissez le refrain : un mois sur la route avec une compagnie, puis un appel d'un régisseur pour trois jours de tournage en région. Dans votre tête, c'est le même métier. Dans les tuyaux administratifs, ce sont deux planètes différentes — et les erreurs de traduction entre les deux peuvent coûter cher.

Deux annexes, deux logiques

Le spectacle vivant vit sous l'annexe 8 de la convention du cinéma, ou plus précisément sous les annexes propres au spectacle vivant (annexes 8 et 10 du régime d'assurance chômage selon votre statut). Le cinéma et l'audiovisuel fonctionnent avec l'annexe 8, quand le spectacle vivant relève majoritairement de l'annexe 10 — celle qui autorise notamment le cumul avec des revenus annexes, un détail qui change la vie quand le théâtre seul ne suffit pas à boucler le mois.

Concrètement, ce que ça modifie :

Les caisses de congés : ne mélangez pas les guichets

Chaque secteur a sa caisse de congés spectacles. Vos heures de théâtre alimentent une caisse, vos heures de plateau une autre. Erreur classique du jeune intermittent : ne réclamer ses congés qu'auprès d'une seule. Résultat, des euros qui dorment quelque part dans un guichet que vous n'avez jamais sollicité.

Faites le point chaque printemps : listez tous vos employeurs, identifiez la caisse de chacun (la CFDT et les syndicats publient des tableaux récapitulatifs bien faits), et déposez vos demandes partout où vous avez travaillé. C'est fastidieux une fois, rentable tous les ans.

Le bulletin de paie ne ressemble pas d'un monde à l'autre

Au théâtre, on parle souvent en cachets, avec des conventions collectives comme l'ENTEOV ou les conventions propres aux théâtres privés. Au cinéma, c'est la convention collective de la production cinématographique, avec des grilles de salaires horaires et des primes spécifiques (prime de fin de tournage, défraiement transport, hébergement).

Ce qui compte pour vous, au moment de la déclaration France Travail : chaque cachet ou heure doit apparaître avec le bon code activité, rattaché au bon secteur. Un cachet de comédien déclaré comme technicien (ou l'inverse) peut fausser votre ouverture de droits. Avant d'envoyer votre actualisation, relisez la nature de chaque ligne. Cinq minutes de relecture, des mois de tranquillité.

Quand vous enchaînez les deux dans la même année

Bonne nouvelle : vos heures s'additionnent pour atteindre les 507 heures, quel que soit le secteur. Mauvaise nouvelle : c'est la dernière attestation reçue qui détermine souvent l'annexe applicable à votre ouverture de droits. Si vous terminez l'année sur un tournage après six mois de tournée, c'est le régime cinéma qui s'applique — avec ses contraintes de cumul.

Le réflexe à prendre : avant de signer un contrat de fin d'année, demandez-vous dans quel monde il vous fait basculer. Parfois, décaler une semaine de travail change le régime applicable. Ce n'est pas de la triche, c'est de la stratégie — et elle est parfaitement légale.

Le kit de l'intermittent bi-secteur

  1. Un dossier (papier ou numérique) par secteur, avec les attestations bien triées.
  2. Un tableau de suivi de vos heures, secteur par secteur.
  3. Le contact des deux caisses de congés, noté quelque part où vous le retrouverez.
  4. Une lecture attentive de chaque attestation employeur avant qu'elle parte à France Travail.

L'intermittence n'a jamais été un long fleuve tranquille. Mais entre deux annexes, elle peut au moins être un fleuve qu'on navigue avec une carte. La vôtre commence ici.

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